Cryptomonnaies, bitcoin, blockchain, cryptopunks, NFT, voici les nouveaux noms barbares d’internet.
Si vous êtes financiers ou fans d'art contemporain, ces mots doivent vous dire quelque chose. Au mieux, vous les comprenez, au pire vous y voyer une gigantesque bulle fantasque et pleine de vide.
J’étais comme la plupart des gens, je voyais ça d’un œil méfiant, un truc de geek, un truc fashion, de la génération Z, un truc qui se dégonflera…
Vous connaissez Matthieu Stéphani ? C’est mon podcaster préféré. Matthieu interview des sommités du monde de la finance “pour particuliers” et de l’entreprenariat, je suis devenu fan.
En plein Covid, avec son équipe, à Bordeaux, il a transformé une maison de maître en espace de coworking (avec piscine s’il vous plaît).
J’ai pu participer à la décoration du lieu, la dame d’Uyuni vit maintenant là-bas, j’en suis assez fier.

Villa MAria, Bordeaux

La semaine dernière, il interviewait un spécialiste des cryptomonnaies, John Karp,  un vulgarisateur qui a écrit un livre passionnant. Enfin une interview que je comprenais, qui m’expliquait à quoi ça servait et ce qu’on pouvait en faire.
Du coup, moi aussi je voulais vous expliquer ce que j’avais compris, en me mettant à la place de ma maman. Elle se bat encore avec ses cookies tous les jours, déteste acheter en ligne mais c’est la reine de whatsapp et candycrush !!

Pourquoi je vous parle de ça ?
Parce que certains y voient l’avenir du marché de l’art, l’avenir d’internet, et une juste rétribution des créateurs face à cet “odieux monde” des marchands d’art.
Commençons par Le roi bitcoin
Vous en avez sûrement entendu parler, au mieux vous en détenez, au pire on vous a dit que c’était une belle arnaque.
Vos enfants ou petits enfants vous ont raconté l’histoire du gars sur Tik,Tok qui en avait acheté pour rien il y a deux ans qu’aujourd’hui était millionnaire. Ça ne vous rappelle pas la ruée vers l’or cette histoire ?
Le bitcoin est une monnaie digitale, pas de pièces, pas de papier, pas de contrepartie dans une banque, rien.
C’est une somme de 1 et de 0 sur des serveurs sur internet, reliés entre eux et qui se font confiance pour tenir un registre de tous les possesseurs et toutes les transactions qui ont eu lieu sur le bitcoin depuis sa création.
Une sorte de notaire digital 3.0.
Certains de ces 1 et 0 sont logés au fond d’une application sur votre smartphone, ils représentent votre portefeuille numérique, votre part dans toute cette chaîne de confiance.
Cette part ne valait rien il y a 3 ans, vaut une fortune aujourd’hui et fluctue énormément (trop ?)
Tesla, premier constructeur mondial (quoi ?) a décidé de l’utiliser et de l’accepter.

Le grand débat du moment, repose sur la question suivante : le bitcoin est-il une monnaie, est-ce la monnaie du futur ?
Pour vous et moi, ça ne sert pas à grand-chose, votre boucher n’accepte pas encore les bitcoin, et quasiment personne autour de nous n’est payé en bitcoin.

Le petit frère Ether
Ether, c’est à peu près pareil.
La grande différence vient dans l’usage qu’on en fait.
Ether fait partie d’une chaîne de confiance qui s’appelle Ethereum. Grâce à cette chaîne, vous pouvez créer des contrats avec d’autres, les partager, les acheter, les vendre et garder le contrôle de ce qu’il y a dans ce contrat.
C'est un contrôle sans intermédiaires, pas de banque, pas d’avocat, pas de sacem, pas de notaire, pas de monopole, juste des signatures numériques et des mots de passe à ne pas oublier.
Ces contrats s’appellent des NFT, Non fungeible Token. Autrement dit, c’est une part d’un truc qu’on ne peut pas remplacer par une autre.
Ça servira un jour partout (à ce qu’on dit), dans l’immobilier, les assurances, le transport. Mais ça sert déjà dans la musique, les cartes à jouer, les jeux vidéo et l’art contemporain dans son ensemble.

Pourquoi c’est une révolution ?
Prenons un exemple.
Vous prenez une photo numérique ou vous faites un petit logo en forme de chat sur votre ordinateur.
C’est joli, c’est drôle, ça vous plaît, vous le partagez, ça plaît autour de vous, on voudrait vous en acheter.
Dans le vrai monde, vous avez deux solutions :
 1 / Vous les transformez en objet physique : vous les imprimez, vous les signez, vous faites un joli paquet, vous les livrez contre de l’argent.

 2 / Pour les produits purement digitaux (un fichier photo, une vidéo, une arme super dure à avoir dans un jeu vidéo, le premier message sur tweeter), vous créez un contrat de licence, qui scelle un droit d’usage contre de l’argent. C’est essentiellement basé sur la confiance et  un simple copier / coller du fichier annule tout espoir.

Une fois que vous avez cédé création, elle n’est plus à vous, son futur propriétaire peut en faire ce qu’il veut, le revendre à qui il veut, au prix qu’il veut, quand il veut, sans votre consentement ou votre avis.
Ou alors vous avez de très bons avocats qui couteront très cher.
Quels artistes sont morts dans la misère alors que leurs œuvres s’arrachaient par ailleurs (Caravage, Van Gogh ?)
C’est le drame des créateurs de contenu depuis des siècles.
C’est la promesse des NFT :
Inscrire sa création dans une chaîne de confiance qui garantit que vous resterez l’auteur de l’œuvre, et si vous le souhaitez, de garantir une rétribution à chaque revente de votre œuvre.
La folie des NFT, exemple des Cryptopunk
Voici l'histoire des cryptopunks
Prenez :
- Une innovation qui porte un espoir

- Ajoutez un sentiment de contrôle un peu anti-système
- Présentez-la à une période où l’argent semble couler à flots de partout (ha bon ? Pas chez vous non plus ?),
- Ajoutez un star-système, et des réseaux sociaux,
Et vous avez une bulle incompréhensible.
Les cryptopunks sont un ensemble de 10 000 petites images faites de quelques pixels, créées par algorithme, qui représentent des petits hommes et femme, on se croirait tout droit sorti d’un jeu vidéo des années 80 !
Chaque image dispose de sa propre NFT, de sa page perso.
Les inventeurs ont créé ces "crypto trucs", et vendu à d’autres, qui les ont revendus, et cetera, et cetera.
Et c’est devenu la folie… le plus bas prix pour en avoir une est d’environ 400 000 $, Le total de toute la collection est estimée à 2 Milliards de dollars.
C’est d’une futilité sans nom, à l’heure où le covid fait souffrir la moitié de la terre, c’est assez choquant.
Mais c’est l’avenir du Web, et ce sera utilisé pour beaucoup de choses sérieuses.

Alors je me lance
Du coup, j’ai créé mon propre NFT, avec ma photo la plus connue sur Instagram, la lune rousse et son arbre.
C'est une série limitée de 10 exemplaires, vendu aux enchères.

Évidemment, je n’ai aucune notoriété dans ce monde, il ne se passera vraisemblablement rien, mais je voulais participer à ce mouvement à ma manière.

Allez, maintenant, à vous !

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